#2 Brève de boudoir

Voter pour qui ? Voter pour quoi ?

Il semblerait que nous vivions dans une société de divertissements qui a comme principal objectif de nous changer les idées. L’idée étant de nous distraire de l’essentiel et de nous transformer en simple spectateur de notre vie.

Nous autres, futurs ex travailleurs bientôt seniors mais toujours consommateurs glorifions la Firme, le pavillon avec jardin, les nouveaux produits encore plus nouveaux et notre ego Photoshopé (qui se fait quand même un peu chié, non ?)

Bien au chaud dans la caverne de Platon avec les bubble-stars du ballon, des élections et des castings sponsorisés par les literies dodo, nos jolis cerveaux s’inspirent de valeurs et de concepts proches du zéro et du « no way out ».

Un jour pourtant, il faudra bien quitter la caverne, et renoncer aux illusions dessinées et animées par quelques Ali Babas et leurs 40 voleurs. Ils ne sont en définitive que les ingénieurs-concepteurs d’un système qui a fait de l’être humain une machine à écrire leurs propres privilèges.

Car l’impériale télé nous a imposé sa vision et a colonisé le moindre neurone disponible qui passait par là. Et le prochain rendez-vous prime time à ne pas manquer est prévu le 23 avril, date du premier tour des présidentielles pile poil entre la fête des œufs au chocolat et la fête du travail (et du muguet). Oui, nous sommes bien en démocratie, régime idéal pour une masse de consommateurs téléspectateurs rôdés au vote du public.

Mais que reste - t - il de la république ?

Pour Jean Jaurès : « le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. »

Il faut donc partir d’un constat et faire un inventaire.

La croissance économique dont on nous rabâche les oreilles ne profite ni à l’environnement, ni aux femmes. En effet, la plupart des richesses que ces dernières produisent (auto production, biens pour la famille, ou le soin à autrui) sont tout simplement invisibles dans le calcul du PIB.

Quant à la planète, exploitée à outrance par des multi nationales qui s’accaparent ses ressources avec le soutien des états, elle est de plus en plus en danger.

Mais une croissance sans limite est-elle possible sur une planète aux ressources limitées ? L’homme pense t - il vraiment être propriétaire et maitre de la nature ?

Et la planète qui n’est ni un Etat ni une propriété privée ne ressemble t - elle pas plus à une « maison commune » dont nous serions colocataires de plein droit, par notre simple qualité de Terrien ?

Concernant l’expérience féminine dans l’organisation domestique, elle est sans commune mesure avec celle des hommes traditionnellement occupés aux activités extérieures. Car l’économie du foyer n’est pas caractérisée par la recherche du profit à tout prix, ni par la conquête d’un nouveau marché. La femme, « en bonne mère de famille » est multi tâches plus qu’experte, développe le sens du partage et de la solidarité avec « ses sœurs d’armes ». Tout ça dans le but avoué de faire pousser la richesse humaine (à savoir, ses rejetons trop trognons) et les mener patiemment à leur émancipation.

La société patriarcale en s’appropriant la fécondité des femmes et la fertilité des sols mènent malheureusement à la sur population et à la destruction des ressources.

(Non, ne leur jette pas la pierre, ni à Paul ni à Jacques, Ginette. D’ailleurs moi-même je ne suis pas homophobe, je connais des hommes très bien !)

Car dans ce paradigme, l’homme est lui-même prisonnier de sa virilité. Il est amputé de sa force créatrice féminine et ne peut pas vivre pleinement son humanité. (Mais peut-être qu’il attend une nana pour enfin devenir un homme libéré) !

Une société organisée ne peut pas renoncer à un principe d’organisation. En revanche, elle peut changer de principes organisateurs. Il est alors question de république.

Ce régime serait plus l’affaire de citoyens engagés, attachés à la chose publique et débattant à son propos… Bien au-delà d’un simple vote à la « The Voice ».

Donner ma voix ? Et pour quoi faire ?

Perso, je prends la parole pour m’affranchir d’un monde « machin machine ».

Paris, 23 mars 2017.

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