#0 Je pense donc je jouis

La faillite du système à tous les niveaux : explosion du chômage, vague d'attentats, atteinte aux libertés publiques, privation généralisée des biens communs... oblige chacun, chacune d'entre nous à nous déconnecter pour réapprendre à penser par nous-même.

L'état d'urgence de la planète exige une réflexion dont la société moderne, insidieusement nous a privés. Au-delà du prêt à penser servi chaque soir sur les différents canaux télévisuels -qui suivent grosso mierdo la même ligne éditoriale- il nous faut maintenant apprendre à choisir notre contenu.

Au fil des décennies, une vision du monde est devenue hégémonique : la vision économique. Mais cet "écosystème" n'est qu'un paradigme avec sa propre logique et ses règles particulières qui ne peuvent être érigées en valeurs universelles et imposables à tous.

Comme la malbouffe, il nous a été donné pendant trop d'années des plats chauffés et réchauffés justifiant et présentant comme seul système valable le néo-capitalisme poussé à l'extrême. Mais à force d'avoir été servie et resservie, la nourriture devient de plus en plus difficile à avaler.

Mais sommes-nous prêts à abandonner ce qui est servi sur un plateau ? Toutes ces idées pré-mâchées dispos 24h/24 depuis la maison. Et s'affranchir enfin de la pensée unique ?

"Je crains l'homme d'un seul livre" écrivait Saint Thomas d'Aquin au 13ème siècle. Que penser alors d'un monde fondé uniquement sur une vision économique de la vie ? Cette société mondialisée, hyper médiatisée nous a fait croire qu'il nous fallait toujours plus de croissance, de biens, de lumière, de strass, et de transparence. Et si elle avait menti ? L'humain n'a-t-il pas besoin de secret pour découvrir la vérité,de nuit pour apprécier le jour, et de drames pour connaître le prix de la vie ?

Alors oui, il y a sûrement urgence à nous reconnecter avec nous-même. Autorisons-nous la masturbation intellectuelle, la caresse du cortex, pénétrons la matière grise des vieux génies et jouissons enfin de notre propre réflexion.


Paris, 6 octobre 2016.


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