#6 Temps X : L'équation à une inconnue


· Préliminaires : Cette nouvelle Brève de Boudoir a été amoureusement inspirée par tous les anciens récits fondateurs de l’humanité jusqu’au très joli ouvrage : « Le choc amoureux » paru en 1979 de Francisco ALBERONI, sociologue et universitaire italien.

Bien entendu, cet article n’est qu’une vision Pop et toute personnelle, à la façon « Digest », mixée au bordel ambiant de ce que pourrait être demain.



Il était une fois, l’un des plus anciens récits écrit de l’humanité… Connaissez-vous l’histoire de l’épopée de Gilgamesh, roi d’Uruk, ville de l’ancienne Mésopotamie ? Elle nous cause de son expédition avec l’aide de son compagnon Enkidu pour combattre Humbaba, gardien de la forêt des Cèdres. Après moult péripéties, les deux héros seront victorieux et supprimeront le protégé des Dieux, fils de la montagne, en lui tranchant la tête… Alors, question : Le roi Gilgamesh avait-il peur de cet être surnaturel représentant la nature vivante ? Et Pythagore, vous connaissez son nom mais connaissez-vous l’histoire ? Non, vous en voulez encore ? Alors voilà, Pythe, lui son dada c’est la masturbation intellectuelle tout azimut : maths, philo, il touche même sa bille en théologie, ce fut un grand réformateur religieux. Et puis, aussi, il vit en Grèce, berceau historique de la démocratie et de tout ce qui s’en suit. Pour Pythe, il a bien réfléchi, pas de doute, la vie organique est mauvaise. La vie bonne est une vie non organique… nique… nique…nique. Et alors, ça commence à faire écho ? Non, car cette idée rebondissait déjà dans la Genèse, avec un Abraham qui ne moufte pas face à la mise à l’épreuve divine et qui est prêt à sacrifier sans rechigner son unique fils,… En passant par Lorraine… (Hum, non pour le coup, elle n’y est pour rien)… Non, plutôt en passant par le Nouveau Testament avec le gentil Jésus qui donne sa vie par souci de rédemption (en gros pour solder la dette du péché de l’humanité). Et jusqu’à faire tache d’huile avec l’époque des moines soldats qui partent en croisade pour le bien des méchants, afin qu’ils deviennent gentils (c’est la guerre mais pour la bonne cause). Inspiration quand tu nous tiens…


Et force est de constater, que ces récits fondateurs de notre monde contemporain ont l’éthique peut-être un peu toc ? Il y a comme une fâcheuse manie, qui deviendra malheureusement quasi systématique de glorifier le sacrifice de la vie ! Toutes ces jolies histoires ont eu tendance à plomber l’ambiance de tous les mioches à venir dans le petit monde hétéro d’Adam et Eve ! Eve, qui soi dit en passant, est quand même au régime depuis l’origine, car déjà obligée de se contenter de croquer la pomme (mais pas encore transgénique). Et de siècle en siècle, il fut produit à grande échelle pour les masses, des légendes, mythes, fables, discours … (Avec toujours la même prémisse)… Il fut fabriqué des contes, storytelling, scenarii, anecdotes… (La glorification du sacrifice de la vie)… Il fut élaboré des chroniques, des archives, des annales… Stop, on va peut-être s’arrêter là ! Avec toujours la même boulette, la même bavure. Bref, la même couille dans le potage, si on préfère. Avec toujours la même construction narrative archaïque et surtout erronée de la place de l’homme dans le monde vivant et naturel : C’est la grosse trouille de Gilgamesh qu’on se refile de générations en générations et qui nous impose de toujours combattre le vivant. C’est la grande erreur originelle. Et là, Eve peut commencer à souffler, et à recracher les pépins avec un air beaucoup plus serein… Fini les pommes et les pêchers, y a eu mort d’hommes (un peu, beaucoup, à la folie même) mais pas FAUTE, juste erreur fondamentale, Ze boulette ! Et comme le dit si bien le Fisc de Jupiter, depuis 2018 (sentant sûrement le vent tourné): Informez-vous sur le droit à l’erreur.


Mais, quelle grande idée pour inspirer le nouveau siècle ? Peut-être explorer plutôt que conquérir par la domination, ou combattre par la force ? Explorer l’inconnu, et pas besoin d’aller chercher au fin fond du système solaire la présence de vie extra terrestre, si on n’est passé déjà à côté de toutes les Ginette de la Terre. Avec la vision hégémonique du mal(e) aurait-on occulté la vision du sexe opposé ? Et alors, il serait temps de l’appeler « le sexe différent » car oui, le mal(e) peut aussi être féminin. Il serait temps de faire AVEC et non CONTRE.

Dans quel Etat pourrait commencer cette révolution de l’Histoire ? En s’inspirant de l’état que nous connaissons tous intimement : l’état amoureux. Ce moment unique mais universel qui révolutionne toutes vos habitudes, vos certitudes et qui vous anime d’une énergie vitale vers l’autre. En tombant amoureux, il y a effondrement de ce que j’ai été, de ce que je suis, pour faire advenir à cause de l’autre, un autre « moi », pour créer un nouveau « nous ». Cet état là est l’état transitoire mais nécessaire à l’union constituante d’une nouvelle maison. Car à force de glorifier la pulsion de mort, n’a –t on pas atteint le point de non retour, allant jusqu’au sacrifice même de notre unique maison commune : Notre planète pleine de bleus ? Le XXI siècle se construira « avec » le vivant ou ne sera pas. Alors oui, tombons amoureux. Effondrons-nous. Et avec Eve, Adam pourra faire de nouveaux plans sur la comète, des plans d’archi plus solides, avec des fondations moins bancales et moins mortifères. Il y aura matière à faire une baraque moins spartiate, un peu plus cosy, et Rock the casbah. Savez-vous le petit nom d’amour que se donnent les couples Vietnamiens ? Non ce n’est pas « mon et poux », ni « mon con joint » encore moins « ma douce » ni « mon anamour ». L’être aimé est « ma maison ».


- Mais qui a fait cette délicieuse dinde de Noël ?

- C’est ma maison, il cuisine comme un chef !


C’est une très jolie façon de nommer son amoureux.

Et alors, oui la maison pourra brûler… Mais d’une très jolie façon.


Paris, le 7 décembre 2020.

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